Bismillah — PragmaGeeks est en ligne
by Anouar Adlani, Fondateur, PragmaGeeks
Ça fait quelques semaines que je voulais écrire ça. On s'est incorporés en mars, on a monté un site basique, et on a commencé à parler aux ingénieurs et aux entreprises. Maintenant c'est le bon moment pour coucher par écrit ce qu'on essaie vraiment de faire et pourquoi.
Bismillah. On y va.
Pourquoi ça existe
Je recrute des ingénieurs en Europe depuis vingt ans — comme développeur, comme team lead, comme CTO. J'ai vu toutes les façons dont ça peut mal tourner : des postes ouverts pendant six mois, des bons candidats perdus à cause de process lents, des équipes complétées avec des consultants qui s'en foutaient.
Ce que j'ai continué à remarquer, surtout ces cinq dernières années, c'est combien le talent marocain en ingénierie passait sous le radar. Pas à cause du niveau. Les ingénieurs que je connais de Casablanca, Rabat, Agadir — ils sont sérieux. Ils ont bossé dur, ils livrent du code de production, ils parlent français et anglais sans réfléchir. Ils travaillent à GMT+1, ce qui veut dire qu'une équipe à Luxembourg ou Amsterdam peut faire son daily standup avec eux sans que personne ne se lève à 6h ou reste jusqu'à 21h.
Le gap n'était pas le talent. Le gap était l'introduction. Personne ne présentait le dossier correctement.
J'ai décidé de le faire.
Ce qu'on est — et ce qu'on n'est pas
PragmaGeeks est petit. Pour l'instant c'est moi, une poignée d'ingénieurs en qui j'ai confiance personnellement, et un réseau croissant d'entreprises ouvertes à essayer quelque chose de différent.
On n'est pas une agence de staffing au sens traditionnel. Je ne gère pas une base de données de CVs que je balance aux clients. Je parle à chaque ingénieur qu'on place. Je comprends dans quoi il est bon, ce qui lui importe, dans quel type d'équipe il va s'épanouir. Quand je recommande quelqu'un, je mets mon nom dessus.
C'est tout le modèle. Faible volume, haute conviction.
La question du tarif
Les gens demandent toujours les tarifs en premier. Normal.
On travaille au tarif jour, en partant de 250€/jour pour les profils juniors et en montant selon l'expérience et la spécialisation. C'est sensiblement en dessous de ce que coûte un ingénieur européen comparable — pas parce que la qualité est moindre, mais parce que le contexte de coût de la vie est différent et qu'on n'ajoute pas trois couches de marge d'agence par-dessus.
On quote au premier appel. Pas de réponses vagues « ça dépend » après une semaine d'allers-retours.
Ce que j'espère construire
Honnêtement ? Je veux construire quelque chose de petit et de bien.
Pas une licorne. Pas une marketplace. Pas une « plateforme de talents ». Juste une firme en qui les entreprises ont confiance pour leur trouver le bon ingénieur, et en qui les ingénieurs ont confiance pour leur trouver la bonne équipe.
Si on arrive à placer vingt ingénieurs dans de bons rôles au cours des prochaines années, et que chacun de ces placements fonctionne, c'est un succès. À partir de là on grandit lentement et prudemment.
Le Maroc a le talent. L'Europe a le besoin. Le fuseau horaire marche. Les cultures sont compatibles de façons qui comptent quand vous travaillez vraiment ensemble. Il n'y a aucune raison que ça ne marche pas.
On va le découvrir.
— Anouar